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Les 29èmes Journées d’étude PSYPROPOS sur le thème : « PENSER L’INTIME. RESPECTER L’OPACITÉ D’AUTRUI. » se tiendront le
– samedi 5 octobre 2019 à Blois (Auditorium de la Bibliothèque Abbé
Grégoire)
– samedi 14 décembre 2019 à Orléans (Musée des Beaux Arts).

Programme

Samedi 5 octobre 2019 à l’Auditorium de la Bibliothèque Abbé Grégoire, BLOIS
(Place Jean Jaurès, Proche de la Halle aux Grains)
Accueil des participants : 9h30
La Librairie Labbé proposera les ouvrages des intervenants
Modération de la matinée : Elisabeth Batier et Michel Lecarpentier
10h : Présentation de la journée : Michel Lecarpentier.
10h30 : Patrick GEFFARD (maître de conférences HDR en sciences de l’éducation à
l’université Paris 8) « Pédagogie institutionnelle et dispositifs d’accueil de l’intime et
de l’Inconscient »
11h10 : Débat
11h20 : Olivier BARBARANT (Poète) : « Partager l’intime ? Une éthique de l’écriture. »
12h00 : Débat
12h10 : Marie-Christine HIEBEL (Directrice d’Hôpital, Directrice d’EHPAD)
« L’intime et le désir: à la source du mouvement de l’existence dans la dépendance et le grand âge »
12h50 : Débat 13h 00 pause déjeuner
Modération de l’après-midi : Monique Moussier et Michel Lecarpentier
14h30 : José MOREL CINQ MARS (psychologue clinicienne) « Soupirer, chantonner, marmonner : les échappées de l’intime. »
15H10 : Débat
15H30 : Cynthia FLEURY (Philosophe, Psychanalyste, Professeur titulaire de la Chaire
« Humanité et Santé » au CNAM, Fondateur de la Chaire de Philosophie à l’Hôpital) : « L’intime, ce qui résiste au sujet ? »
16h10 : Débat et Conclusions
16H45 : Clôture de la journée

Samedi 14 décembre 2019 au Musée des Beaux Arts, Orléans (1, rue Fernand Rabier)
Accueil des participants : 10h
La Librairie Les Temps Modernes proposera les ouvrages des intervenants
Modération de la matinée : Michel Lecarpentier et Elisabeth Batier
10h45 : Laurence CORNU (Professeur émérite Université de Tours, recherche
« Éducation, Éthique, Santé ») « Terrier, replis, « extime » – espèces d’opacité de l’intime.»
11h30 : Débat
11h50 : Chantal LHEUREUX DAVIDSE Maître de conférence Université Paris 7 Diderot.
Psychologue Clinicienne, Psychanalyste. « Partager le vécu intime des personnes dans la clinique de l’autisme. »
12h30 : Débat
13h : Pause déjeuner
Modération de l’après-midi : Marie-Christine Hiebel-Barat et Michel Lecarpentier
14h 45 : Jean-François REY (Professeur honoraire de Philosophie) : « L’intime entre confession et intrusion »
15h30 : Débat
15h50 : Christophe BOULANGER (Conservateur au LAM Villeneuve d’Ascq) : « Art brut et paysages de l’intime à partir d’Aimable Jayet »
16h45 :Débat
17h 15 : Clôture de la Journée

Bulletin d’inscription
A renvoyer dès que possible (par défaut sur place) à PSYPROPOS 120, route de Tour en Sologne – 41700 COUR-CHEVERNY (Les montants comprennent l’inscription et
les actes des journées)
Nom: Prénom:
Adresse:
E-mail:
Adhésion annuelle (Soutien à l’association Psypropos) : 10 €
Inscription pour Blois & Orléans:
UNE JOURNEE BLOIS  OU ORLEANS  40€
– Tarif étudiant 25€
DEUX JOURNEES BLOIS ET ORLEANS  70€
– Tarif étudiant 40€

« PENSER L’INTIME. RESPECTER L’OPACITÉ D’AUTRUI. »

« Que veut dire penser ? », « qu’appelle-t-on penser ? » Heidegger, après son passé tragiquement aliéné au nazisme, rencontre dans son élaboration en 1951 « le caractère de cheminement du penser ». Oury, qui aimait citer Machado, était sensible à cette proposition : « le chemin se fait en marchant ». Il ajoutait que « le penser est inconscient » : chacun essaie de traduire ce qu’il pense penser. Lacan commentant Descartes, en vient à dire : « ça pense là où je ne suis pas ». Ils étaient bien d’accord pour partager cette hypothèse sans l’hypostasier, la chosifier. Cette greffe conceptuelle, cet ouvert, permet de continuer à se questionner sur ce qui compte en chacun, et qui est structurant plutôt que structuré.
L’intimité : « Être au plus proche de ce qui est le plus lointain chez l’autre ». Qu’est-ce que l’intime ?
Tosquelles disait paradoxalement : entreprendre une psychanalyse, lieu intime s’il en est, c’est rendre publique quelque chose. Le journal intime ne supporte pas l’effraction.
Les métiers de l’instruction, l’éducation, l’accueil de la souffrance ou des demandes personnelles, tout comme la fréquentation que permettent les structures instituées, qu’elles soient familiales, scolaires, sanitaires, sociales, etc. mettent en jeu la question de comment quelqu’un s’investit en investissant cet espace dédié. L’intime se manifeste de façon plus ou moins directe ou indirecte dans cette manière d’adresse qui devient publique. La logique des forces mettant en mouvement la structuration psychique permanente vient rencontrer le réel socio-économique qui offre sa modalité formelle cadrant juridiquement l’échange contractuel.
Nous le savons, l’économie de marché domine le style de l’échange jusque dans les lieux qui recueillent ceux qui « tombent hors du monde » dans le champ concurrentiel qui sélectionne les bénéficiaires et les ayant droit. Potestas et auctoritas peuvent conduire à « la vie nue » comme le disent Benjamin et Agamben dans leur chemin commun. Comment « devenir auteur de soi-même » quand chacun se trouve être pris avant tout dans une assignation statutaire qui donne juste une place dans le processus productif.
Comme disait Marx « le fétichisme de la marchandise » devient celui de la chosification de l’humain.
Nous avons entendu que « l’Homme n’est pas une marchandise comme les autres », mais aussi que «quand c’est gratuit, c’est toi le produit ! ». Nous sommes tous des produits : les nouveaux métiers se présentent comme en rupture conceptuelle et épistémologique dans le post-modernisme anhistorique et présentiste. La mobilité exigera de changer plusieurs fois de métier, de région, d’amis, y compris pour les enfants dont les parents les emmèneront dans ce nomadisme exigeant, perdant tout ancrage existentiel et voués à l’exil cruel de la recherche du travail.
Les jeunes gens commencent à marcher dans les rues pour dire leur préférence pour construire le monde avec les autres et en cheminant avec eux plutôt que d’assister à la destruction promise par l’industrie du fétichisme marchand. Nous les entendons affirmer leur désir intime de renoncer à ce miroir aux alouettes où l’horreur se perçoit. Une logique négative d’auto affirmation leur fait penser infléchir leur ligne d’existence pour ne pas être complice de la destruction. Il en va de leur estime de soi, de leur remise en question de l’anonymat statutaire : une position éthique où leur responsabilité intime leur fait penser à autrui, y compris les plus lointains de leurs frères en humanité. Les hypothèses des civilisations diversifiées se tendent ou s’homogénéisent dans la novlangue internationale, comme s’homogénéisent les « disparités subjectives » dans les logiques inclusives oubliant le singulier pour valoriser le particulier.
Cette transparence qui devient la norme est tout le contraire de l’intime désirant, si opaque à chacun et pour chacun, grâce auquel l’existence prend sens.
Psypropos se proposera cette année d’explorer les cheminements nécessaires en tout lieu, pour respecter cette opacité afin que « « je » puisse advenir » qui est le cheminement précaire du processus d’humanisation en chacun, facilité ou empêché au contact les uns des autres.
Comité d’organisation :
Patrice Baert, Élisabeth Batier, Frédéric Godard, Marie-Christine Hiebel-Barat, Éléonore Lafond-Franceschini, Michel Lecarpentier, Sylvie Misek, Monique Moussier, Valérie Viginier, Alexandra Wertheim.