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Alexandre Grothendieck, mathématicien de génie, et quelques autres nous enseignent comment de leur folie faire création. Joseph Rouzel poursuit sa réflexion sur la prise en compte des psychoses dans le champ éducatif. Le travail des professionnels du champ de l’éducation et/ou du soin consiste avant tout à accompagner des sujets dits « psychotiques » dans des formes d’expressions socialement acceptables, au-delà des diktats de la normalisation. Cela exige des professionnels de s’adonner, eux aussi, à un certain délire, que Joseph Rouzel qualifie d’asile poétique, pour ne pas laisser leur champ d’intervention se pétrifier, sous les coups de procédures, protocoles, normes ISO, évaluations par le chiffre… La prise en compte des psychoses demande d’assumer une posture subversive.
Le travail aurait-il perdu toute valeur, tout sens, toute incidence ? Dans nos établissements-entreprises où tout se mesure, s’étalonne et s’évalue, la dimension de « travail thérapeutique », avec sa part d’indéfinissable, est évacuée ; tout l’espace de soin est rempli jusqu’à saturation par les protocoles, les procédures et les « bonnes » pratiques avec leur cortège de rigidités bureaucratiques. Confrontés à une logique comptable qui s’impose toujours plus comme seule pensée possible, finirons-nous par devenir étrangers à nos propres conceptions du travail de soin, avant d’entrer, vaincus, dans une servitude devenue inéluctable ? Est-ce qu’asservis par toutes ces normes nous finirons assignés à occuper un emploi sans avoir à travailler ? Non, résolument non ! C’est pourquoi il est urgent de nous poser cette question : qu’est-ce qu’être au travail ? En effet, nos institutions recèlent encore, et souvent bien plus qu’on ne le croit, des forces vivantes de créativité et de résistance face à ce système aliénant et à ces processus enfermants, réducteurs et mortifères. Dans les lieux de soin nous restons, bien plus que ceux qui nous administrent ne le voudraient, questionnés, travaillés par ce qui ne ploie pas devant la normalisation, par ce qui ne veut pas disparaitre, par ce qui résiste, insiste, ce qui ne s’épuise pas à se faire entendre envers et contre tout : le Sujet dans sa singularité. En effet le Sujet, comme Sujet de l’Inconscient, ne se mesure pas, excède tous les conformismes et échappe à toutes formes de pouvoir et de savoir qui voudraient le faire taire. C’est bien parce que la valeur et les effets du travail ne se réduiront jamais à leur évaluation comptable qu’il faut continuer à penser le travail comme un lieu d’étonnement et de résistance. C’est cette inventivité au travail qui peut nous permettre de ne pas rester sourd à ce qu’énonce avec tant d’insistance l’inconscient. Car ce sont justement nos limites qui rendent possible notre mise au travail et les effets thérapeutiques qui peuvent en résulter. C’est aussi la théorisation des limites de ce travail qui est aujourd’hui entendue comme l’aveu de notre impuissance et de notre incompétence par une administration qui préférerait substituer à l’inventivité subversive du travail le confort mal rémunéré d’un emploi. En cherchant où se cache le travail en institution nous retrouverons certainement une part de notre humanité. Arguments d’ateliers « Travailler, être travaillé » Les institutions on ne fait pas qu’y travailler et c’est pour cela qu’elles ne sont pas, encore, devenues un espace concentrationnaire. Les institutions on ne fait pas qu’y travailler et c’est pour cela qu’elles ne sont pas, encore, devenues des camps de rééducation. Les institutions on ne fait pas qu’y travailler et c’est pour cela que nous ne sommes pas, encore, les gardiens zélés d’un nouvel ordre mental. Ce que nous voulons justement montrer dans cet atelier c’est que l’institution on ne fait pas qu’y travailler, elle nous travaille tout autant qu’on y travaille. Ce que nous voulons soutenir, c’est que le travail en institution n’a pas comme seul effet la modification et la transformation psychique des patients mais nous transforme nous aussi. L’institution nous déloge de notre tentation d’être de simples techniciens appliquant les solutions des bonnes pratiques. L’institution quand elle nous travaille nous renvoie à la fragilité de notre position de sujet, à notre humanité partagée avec les patients. L’institution, quand on accepte de s’y mettre au travail, nous rend différents, peut-être pour mieux éviter d’être indifférents au sort et au devenir des patients. Le travail en institution devrait nous permettre de repérer et de penser ses effets sur les patients et sur nous-mêmes. L’institution on ne fait pas donc pas qu’y travailler, elle nous travaille, et c’est en l’acceptant et en acceptant d’en porter témoignage que nous gagnerons, peut-être, contre la barbarie. « Individuel et collectif : le travail de création » Parler pour ne rien dire, agir pour ne rien faire, compter pour ne rien entendre, écrire pour ne pas exister, gérer pour ne pas penser, techner pour ne pas douter, protocoliser pour ne pas accueillir, statistiser pour ne rien comprendre…et encore, et encore. Fuir pour gagner sa vie, sans être là, sans être présent à l’autre, sans voir le signe qu’il fait, sans attention à ce qui se joue. Absence. Le soin en psychiatrie se fait absence et d’acte en acte « l’économie de l’incurie » que nous imposent les gestionnaires délite le fond de notre travail et les liens qui le soutiennent. Il n’y a pas lieu de désespérer car un champ s’ouvre qui peut être l’occasion d’imaginer, de réinventer le travail, un vrai travail qui s’appuie sur le collectif, qui retisse les liens des personnes pour tisser les liens de la psyché, qui fait de l’initiative créatrice de l’un l’argument fondateur de l’autre. « Le travail au ras des pâquerettes » François Tosquelles aimait à rappeler que la psychothérapie institutionnelle se travaille à ras des pâquerettes, Marie Depussey intitulait son ouvrage relatant son expérience à la Clinique de Laborde : « Dieu gît dans les détails », J. Oury utilisait fréquemment l’expression de jachère empruntée à M. Khan qu’il estimait essentielle à tout travail thérapeutique, comparant par ailleurs la psychothérapie institutionnelle à une « psychanalyse des champs » qu’il opposait à la « psychanalyse de ville ». Nous pourrions filer ainsi la métaphore champêtre. Et pour ce, convoquer la clinique qui nous invite à nous incliner modestement sur ce que nous enseignent patients et personnes accompagnées dans nos espaces de soins et d’accueil. Et pour ce, oser revendiquer les libertés buissonnières d’où s’élaborent nos « savoirs faire discrets » dans l’invention de » praticables » et d’un quotidien partagé. Car nous sommes chaque jour convoqué à porter notre attention sur d’infimes paroles, des gestes d’apparence anodine, pour soutenir la vie qui insiste au creux des paysages désolés de la folie ordinaire. Car nous sommes chaque jours amenés à prendre soin à tout bout de champ de ce qui nous permet de cultiver notre jardin, parfois laborieusement, d’où s’accueille ceux qui battent la campagne afin de prendre langue avec eux. Car nous avons à répondre de nos patiences, de nos méticuleux bricolages, de nos banalités, et à les donner à entendre pour n’être pas seulement soumis aux logiques qui nous empêchent de travailler. « Le travail en territoire occupé » Qu’est devenu notre travail depuis que les modes d’organisation et de contrôle de l’entreprise sont entrés dans nos institutions, les hôpitaux, les établissements médico-sociaux ? Ces dispositifs de gestion et de management s’imposent et rejettent les façons de penser, de concevoir, de construire, d’inventer, de mettre en place, d’adapter nos pratiques. Les territoires dévolus aux soins sont occupés et évidés. Le travail de soin et le travail social sont littéralement transformés, désubjectivés et réduits à des protocoles, enfermés dans des logiques unicistes, technicistes et utilitaristes : logique de la production pour la production… Comme le disait déjà le camarade K. Marx : « C’est à la fois l’objectivité d’autrui (propriété étrangère) et la subjectivité étrangère (du capital) ». «Avec les caractères utiles particuliers des produits du travail disparaissent en même temps et le caractère utile des travaux qui y sont contenus, et les formes concrètes diverses qui distinguent une espèce de travail d’une autre espèce.» Nous y sommes, et nous en restons comme sidérés, désespérés, impuissants et soumis. Comment faire ; comment nous situer face à cette mainmise ; comment ne pas être entièrement pris dans cet « aliénatoire massif » ? Jean OURY nous invitait à toujours traiter la « sous-jacence avant de traiter n’importe quoi ». Il proposait une définition « provisoire » de la sous-jacence. C’est disait-il comme une sorte de collusion entre : la surdétermination de l’aliénation sociale, qui est énorme, nous sommes tous aliénés socialement et la surdétermination de l’inconscient à laquelle nous sommes tous soumis. Et François Tosquelles d’ajouter que « l’aliénation, c’est peut-être là qu’il y a chez chacun le plus de résistance ». Alors comment nous soustraire, ne pas nous soumettre à cet « aliénatoire » et tenter de nous engager dans un travail de re-subjectivation qui ne provoque pas une autre forme d’assujettissement ? Pouvons-nous penser des zones de possibles dans la pratique de chacun et dans les mouvements du collectif. Pouvons-nous (ré)inventer une praxis qui briserait la coque de ces représentations, de la logique unique de « l’économie restreinte » et de travailler ce qui fait échec en résistant, en restant et en ne nous laissant plus traités comme des produits ? Cette « économie restreinte » traite le travail de psychothérapie, de rencontres, en l’enfermant dans la stéréotypie, la transparence et l’homogène, sans qu’il y ait place pour le reste et la fantaisie. Ouvrons-nous à un « travail négatif »(François Tosquelles), un « travail vivant », non mesurable de l’ordre du Spiel, du play (Donald Winnicott), du ludus, du jocus (Giorgio Agamben) c’est-à-dire du jeu. Le jeu, qui construit la rencontre et la relation à l’autre quel qu’il soit, sur un territoire désormais libéré !
« La création artistique est libre ». Tel s’intitule l’article 1 de la loi relative à la liberté de création récemment votée au Parlement. Dans le contexte actuel marqué par des attaques contre les œuvres (que l’on songe au « tree » de Paul Mac Carthy dégonflé place Vendôme, à Paris, ou au « feuilleton » de la sculpture d’Anish Kapoor triplement vandalisée à Versailles sans compter les initiatives décomplexées de certains groupes politiques contre l’art contemporain), on pourrait rêver que cet article devienne aussi emblématique que celui de la loi de1881 sur la liberté d’expression, selon lequel « l’imprimerie et la librairie sont libres ». Ces problématiques de la liberté et de la création viennent nous rappeler à la fois leur impérieuse nécessité et les menaces qui peuvent peser sur elles lorsque s’imposent sans conteste les logiques gestionnaires et sécuritaires. Impérieuse nécessité des créations artistiques devant leur possible, voire leur effective destruction, lors de conflits armés : « Tuez les hommes, mais respectez les œuvres. C’est le patrimoine du genre humain ». C’est en ces termes que l’écrivain Romain Rolland (connu pour être un humaniste et un ardent pacifiste) s’adressait en 1914 au dramaturge Gerhart Hauptmann, alors que l’Allemagne venait de bombarder la Belgique et d’incendier Louvain. Les Rubens et les trésors de Malines devaient-ils donc être placés au dessus des vies humaines ? Plus près de nous, les outrages infligés à Palmyre ont inspiré les réponses sans équivoque mais non sans nuances de l’historienne Véronique Grandpierre : « Il faut sauver les hommes car ils peuvent reconstruire » (…) « En même temps, ce sont les œuvres qui font les hommes. C’est en évoluant parmi les œuvres que les hommes se construisent. Une œuvre ne meurt pas pour rien. Son souvenir peut être à l’origine de la création d’une autre œuvre. C’est ça, la supériorité de l’œuvre sur l’homme ». Impérieuse nécessité de la liberté et de la création devant leur mise à l’index. Souvenons-nous qu’en 1937, à l’initiative de Joseph Goebbels, ministre de la propagande du Troisième Reich, une exposition « d’art dégénéré » fut organisée à Munich, puis circula dans toutes les grandes villes d’Allemagne. On y présentait des œuvres de Kirchner, Nolde, Kokoschka, Chagall, Kandinsky, Klee, etc., associées à des dessins et à des sculptures de malades mentaux provenant de la collection Prinzhorn à Heidelberg. Par cet amalgame, les organisateurs nazis voulaient convaincre le public de la morbidité de l’art « judéo-bolchévique ». Pour étayer leur démonstration, ils se référaient à des travaux psychiatriques du début du XXème siècle et notamment à des études « pathographiques » de dessins de fous. La symptomatologie était fondée sur les infractions aux canons académiques, considérés comme la norme de la santé mentale. Dans la foulée, certains psychiatres particulièrement allergiques à l’art moderne s’étaient attachés à appliquer ces critères psychopathologiques à l’expressionnisme ou au cubisme de manière à les condamner « scientifiquement ». Durant une grande partie du siècle dernier, les productions des enfants, des fous, des primitifs ont été éconduites des systèmes de professionnalisation, de commercialisation et de formation de l’art. Même dans le musée imaginaire de Malraux, les œuvres d’Aloïse Corbaz restent au purgatoire sous l’étiquette anonyme et infamante de « dessins de fous ». Tracées, sculptées ou graphiées sur des matériels hasardeux, elles révèlent l’obstination de la personne humaine pour tenter par l’expression et la création de soutenir une parole. Après les malades mentaux, auxquels ce « psychiatre excentrique » aux « amères tribulations » qu’était Hans Prinzhorn consacra son ouvrage princeps Expressions de la folie, d’autres, plus tard, vont s’intéresser aux créations des médiums, des spirites, des prisonniers, des solitaires, etc… Ce fut le cas de Jean Dubuffet qui débusqua l’art des fous avec son œil de peintre. C’est dans une lettre du 28 août 1945 qu’il utilisa pour la première fois le terme « d’art brut » pour désigner la forme d’art obscur, inconsciente d’elle-même, qu’il est allé, par réaction, chercher dans les hôpitaux psychiatriques et qu’il trouvera ensuite chez diverses catégories de marginaux visionnaires. C’est « l’art brut préféré aux arts culturels », programme fondateur auquel il convient d’ajouter la proclamation célèbre : « le vrai art est toujours là où on ne l’attend pas, là où personne ne pense à lui ni ne prononce son nom. L’art, il déteste être reconnu et salué par son nom. Il se sauve aussitôt ». Il s’était notamment réfugié, pendant la seconde guerre mondiale, à l’asile psychiatrique de Saint Alban, en Lozère. Un lieu exceptionnel et foisonnant de créativité, d’échanges et d’élaborations théoriques, où s’étaient retrouvés des malades, des psychiatres iconoclastes (tels Lucien Bonnafé et François Tosquelles), des réfugiés politiques, des résistants et des intellectuels comme Paul Eluard, Georges Canguilhem et Tristan Tzara. En ce lieu présidaient des collectifs, des réseaux militants dont la société du Gévaudan était le pivot. On y pratiquait « l’art de l’écoute et de l’écho ». Les textes parus dans Trait d’Union (le journal du club), les tableaux brodés et la robe de mariée de Marguerite Sirvins, les journaux d’Aimable Jayet, les vaisseaux fantômes d’Auguste Forestier, ont contribué à la fabrique d’un lieu où liberté et créativité étaient fondamentales, contribuant à l’inscription de ces auteurs dans le monde. La parole des fous garantissant désormais celle des poètes, on ne pouvait plus la reléguer au rang de production d’art pathologique. Il n’y a pas d’art psychopathologique, ou « le mieux, le plus cohérent, serait de prononcer, pour en finir, que la création d’art, où qu’elle apparaisse, est toujours dans tous les cas pathologique « comme l’a affirmé Jean Dubuffet dans Place à l’incivisme. Jean Oury rapporte la colère homérique de ce dernier devant « l’Exposition d’art psychopathologique » accompagnant le premier congrès international de psychiatre organisé à Paris, en 1950. Il ne fallait surtout pas mélanger Auguste Forestier et Paul Klee. « Est-ce que la frontière entre « normalité » et pathologie a une valeur quelconque dans le domaine esthétique ? » Plutôt que de prétendre cerner les différences entre les « normaux » et les « malades mentaux », il faut essayer de saisir ce qui est en question dans la fabrication de « quelque chose ». Oury n’affirmait-il pas : « création et schizophrénie, c’est la même chose ». D’ailleurs, lorsque la pensée psychotique n’est pas une coquille vide ou une ritournelle, les grands délires, qu’ils soient paranoïaques ou schizophréniques, peuvent présenter un caractère « plein » ou « comblant », pour reprendre les termes de Jacques Lacan dans le séminaire qu’il a consacré aux psychoses. Ce caractère pouvant procurer une jouissance extasiée, parfois érotisée comme en témoigne l’écrit célèbre du président Schreber. Jacques Derrida évoquait, à propos d’Artaud, « cette démiurgie manuelle à la fois agressive et réparatrice, meurtrière et amoureuse ». Impérieuse nécessité de la liberté et de la création, qui ont nécessairement partie liée avec l’expression dont l’histoire est consubstantielle à celle de la psychiatrie. La problématique de l’expression occupe d’ailleurs une place majeure dans notre discipline depuis les années 1970. Dans le sillage de la psychothérapie institutionnelle, elle a pris tout son élan d’être aussi une nouvelle manière de vivre le lien entre l’institution psychiatrique, le champ social et la dimension culturelle. Les ateliers d’expression, que Jean Oury appelait « praticables », proposent des « sites » ou des « scènes » où peuvent apparaitre et se développer de véritables partitions, ouvertes sur l’espace psychique interne, véritable lieu entre le corporel et la réalisation symbolique, entre l’énergie et la représentation. Ces productions, longtemps restées confidentielles selon le vœu paradoxal de Jean Dubuffet, sont arrachées à la pénombre et semblent depuis quelques années l’objet d’un véritable engouement. En témoigne par exemple, la sélection d’une quinzaine de « classiques » de l’art brut au Palazzo enciclopedico de la Biennale de Venise 2013, l’entrée de Luboš Plnȳ dans les collections du musée national d’art moderne à Paris, celle de Henry Darger et Marcel Storr, dans celles du musée d’art moderne de la ville de Paris ou encore le hors-série consacré à l’art brut de la revue internationale d’art contemporain artpress. Autant de signes qui attestent du changement de statut de l’art brut, désormais passé du rang de production de la marge à celui de source revitalisante pour un art d’aujourd’hui épuisé, n’ayant plus rien à dire et en voie de vitrification et d’assèchement. Soumis à la mode comme au conformisme, à la médiatisation des enchères millionnaires, à la perte des valeurs esthétiques et au seul repère des valeurs boursières, l’art contemporain chercherait son salut en prenant le maquis et en explorant le « bord des mondes ». Ce tournant, qu’il ne faudrait pas oublier de rapprocher de la crise que connait la psychiatrie aujourd’hui, accompagne et participe aussi de l’extension du modèle politique et économique néo-libéral, frappant du sceau de l’obsolescence toute théorie possible de l’émancipation. Est-il possible aujourd’hui de bouleverser, d’écorcher le processus actuel de dépolitisation dans la politique ? Comment habite-t-on le monde à la fin du monde ? Guy Debord, en proposant « de rechercher le dépassement de l’art », a peut-être apporté une réponse. Son programme, en tout cas, était net : « Il s’agit de parvenir à un usage passionnant de la vie ». Parviz Denis |

